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La hausse de l’engagement démocratique devrait suivre la croissance des villes

En
Hôtel de ville de Toronto, Ontario

De toutes les élections organisées au Canada, les plus importantes sont peut-être celles qui servent à choisir un conseiller municipal ou un maire. Environ 97 pour cent de tous les politiciens canadiens travaillent au niveau municipal, et la politique locale a un impact puissant sur notre vie au quotidien.

Le logement social, le maintien de l’ordre, le transport en commun, la collecte des déchets et plusieurs autres services du quotidien sont fournis par les municipalités au Canada, mais malgré leur importance, le taux de participation aux élections municipales n’avoisine que 40 % dans les villes de l’Ontario.

« En général, les politiciens municipaux sont plus à l’écoute... [ils] savent que chaque vote compte », indique le professeur du Département de politique et d’administration publique, Michael McGregor (en anglais seulement).

Lorsque les électeurs admissibles restent à la maison, ils sont réduits au silence à un moment où les politiciens prennent d’importantes décisions sur des enjeux importants relatifs aux changements climatiques, aux impôts et aux dépenses ainsi qu’aux services publics. Les chercheurs de l’Université Ryerson travaillent d’arrache-pied pour intéresser le public aux élections et pour qu’il aille voter.

Panneau de vote de l'Ontario

Des élections municipales plus solides

Un des plus grands facteurs qui influencent le taux de participation est la compétitivité des élections, ajoute M. McGregor. « Si leur vote ne compte pas ou que la probabilité pour qu’il compte est très faible, les gens sont alors moins enclins à sortir voter. »

Souvent, les gens vont rester à la maison lorsqu’un candidat a une bonne avance dans les sondages ou lorsque la perception du public est que le vote ne sera pas serré.

À la dernière élection municipale à Toronto, par exemple, le gagnant John Tory a bénéficié d’une grande avance par rapport à sa principale rivale, Jennifer Keesmaat, dès le début de la campagne, alors peu de gens se sont déplacés le jour de l’élection.

« On voit ça aux élections présidentielles aux États-Unis, où il existe un collège électoral. Le taux de participation dans les états acquis à un parti, toutes choses étant égales par ailleurs, est généralement plus faible parce que leur vote ne compte pas », indique M. McGregor.

« Si je suis un démocrate en Californie, je n’ai pas besoin de voter, parce qu’il y a suffisamment de démocrates qui iront voter. C’est un enjeu sérieux. »

Il y a plusieurs façons de rendre les élections municipales canadiennes de demain plus compétitives. Une limite du nombre de mandats, par exemple, pour les dirigeants au pouvoir. L’introduction d’un système de parti pourrait indiquer clairement aux électeurs la position d’un candidat sur le plan politique, explique M. McGregor.

De plus en plus, les municipalités apportent des changements à leurs élections. En 2018, London, en Ontario est devenue la première ville au Canada à utiliser un système de scrutin préférentiel (en anglais seulement), qui a donné lieu à un conseil municipal qui reflète mieux la manière dont le public a voté. Plusieurs petites villes permettent le vote en ligne pour la première fois.

Les changements au niveau local pourraient éventuellement atteindre la scène provinciale ou nationale, en fonction du succès obtenu. « Les élections municipales sont à coup sûr le laboratoire de la réforme électorale dans ce pays », poursuit M. McGregor.

« Nous avons le scrutin préférentiel, nous avons le vote par Internet, des référendums pour changer plusieurs choses, alors il se passe beaucoup de choses. »

Foule de jeunes électeurs potentiels

Encourager la prochaine génération d’électeurs

Le conseiller principal en matière d’engagement démocratique de Ryerson John Beebe (en anglais seulement) aide les jeunes à trouver leurs voix dans les élections au Canada grâce au programme Democratic Engagement Exchange (en anglais seulement) (échanges sur l’engagement démocratique) de l’université.

« Nous commençons par poser les questions suivantes : “Qu’est-ce qui est important pour vous? Quelles sont les questions qui vous intéressent?” », explique-t-il. « Une des choses que nous entendons souvent des membres de la communauté avec lesquels nous travaillons est : “Personne ne m’a jamais posé cette question avant.” »

Les gens qui ne votent pas aux élections sont souvent des personnes jeunes, racialisées ou marginalisées ou une combinaison des trois. Lors de la dernière élection fédérale, environ huit millions de Canadiens et de Canadiennes admissibles à voter n’ont déposé aucun bulletin de vote le jour de l’élection.

Les deux principaux programmes d’Exchange – Democracy Talks and Vote Pop Up (Parlons démocratie et Votons) – ciblent ces problèmes en mettant l’accent sur l’importance de participer aux élections tout en démystifiant l’acte de voter afin de le rendre plus accessible.

« Qu’il s’agisse de changements climatiques ou de soutien pour l’éducation ou encore de questions relatives au logement, ce sont toutes des questions qui touchent particulièrement les jeunes », indique M. Beebe. « S’ils ne votent pas, les partis politiques ignoreront leurs points de vue. »

À ce jour, les activités du programme Democracy Talks ont été assurées par 175 organismes dans 25 communautés au Canada. Le programme Vote Pop Up a quant à lui été adapté pour Élections Canada, Élections Ontario et Élections Colombie-Britannique et a été téléchargé par plus de 500 personnes dans plus de 100 villes au Canada.

Le travail du programme Exchange et des organismes similaires semblent fonctionner. À la dernière élection fédérale, le taux de participation parmi les jeunes a augmenté de plus de 18 points de pourcentage, ce qui représente une augmentation sans précédent.

« Ce que nous voulons mettre en place à long terme est une infrastructure pour la démocratie qui n’existe pas au Canada en ce qui concerne l’engagement politique non partisan », explique M. Beebe. « Il s’agit d’élaborer cette infrastructure et de la doter des outils et des ressources essentiels. »

  

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