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La représentation des Autochtones dans les villes est cruciale pour la réconciliation

En
Un tipi érigé au quad Ryerson en été 2018

En 2015, la Commission de vérité et de réconciliation du Canada a lancé 94 appels à l’action pour réparer les séquelles causées par les pensionnats et sceller la réconciliation avec les peuples autochtones. Plusieurs de ces appels portaient sur l’accès à l’enseignement postsecondaire, ainsi qu’à la prestation de l’enseignement postsecondaire.

Au cours de la même année, Ryerson a lancé une consultation communautaire sur les réponses à apporter aux appels de la Commission de vérité et de réconciliation, et en janvier 2018, l’université a publié un rapport sur la consultation communautaire (en anglais seulement) qui résume les premières étapes sur le chemin de la réconciliation.

Avant cet engagement, Ryerson a pris en compte le contexte de l’éducation autochtone, de la diversité et de la justice sociale en nommant Pamela Palmater à titre de présidente de la gouvernance autochtone de l’université. En tant qu’activiste et avocate de longue date, Mme Palmater utilise son expertise pour défendre les droits des Autochtones relativement à un éventail de problèmes sociaux et politiques.

Une place autour de la table

De 45 000 à 73 000 Autochtones vivent dans la région du grand Toronto et de Hamilton (en anglais seulement), mais souvent ils ne sont pas représentés dans les administrations municipales, déclare Pamela Palmater (en anglais seulement), avocate mi’kmaq et professeure en politique et administration publique.

Une des manières de s’attaquer à ce problème, d’après elle, consiste à réserver des sièges au sein des conseils municipaux pour les Autochtones dans le cadre d’un processus continu de réconciliation au Canada, un sujet dont elle a discuté dans un récent article pour l’Institute on Municipal Finance and Governance (en anglais seulement).

En attribuant aux Autochtones une place autour de la table, ils auront leur mot à dire sur les budgets annuels de la Ville, les services et programmes offerts par la Ville ainsi que l’utilisation et le partage du territoire.

« Nous devons faire bien plus qu’accrocher une roue médicinale sur l’enseigne de Toronto à la place Nathan Phillips ou célébrer la Journée nationale des peuples autochtones par un pique-nique au centre-ville de Toronto », explique-t-elle.

« Dans mon esprit, la base de la réconciliation réside dans la gouvernance conjointe. »

Pamela Palmater

« Nous devons dépasser le cadre des célébrations et nous concentrer sur des changements de fond dans des villes comme Toronto. Cela requiert un transfert de pouvoir, de richesses et de terres aux Autochtones, pour qu’ils deviennent des partenaires égaux dans la gouvernance et la prospérité économique au niveau municipal. »

Mme Palmater explique également que le transfert de terres, de biens ou de bâtiments aux Autochtones pourrait constituer un pas en avant. Dans d’autres villes, ce sont des endroits où les Autochtones possèdent et exploitent des entreprises comme ils l’auraient fait sur une réserve avec des exemptions fiscales et la compétence en matière de développement du territoire.

Les grandes villes comme Toronto pourraient également adopter une stratégie d’approvisionnement qui donnerait la priorité aux entreprises appartenant aux membres des Premières nations pour qu’ils soient « inclus pour toutes les occasions pour lesquelles ils ont été exclus jusqu’à maintenant », ajoute-t-elle.

« Imaginez si Toronto était une ville avant-gardiste qui s’était associée avec les gouvernements et les entreprises des Premières nations », poursuit Mme Palmater, « elle aurait une bonne longueur d’avance par rapport aux autres villes. Et c’est ce que nous souhaitons. Nous serions également un très bon exemple pour les autres villes… Je pense que tout le monde en sortirait gagnant. »

  

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