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L’immigration et l’inclusion définiront nos villes futures

En
Rue très fréquentée à Toronto

Les villes de l’avenir ne seront pas seulement plus grandes et plus densément peuplées, elles seront également plus diverses sur les plans ethnique, culturel et linguistique.

D’ici 2050, les experts estiment que plus de 250 millions de personnes (en anglais seulement) pourraient être contraintes de se déplacer en raison des changements climatiques, fuyant les inondations, la sécheresse, les températures extrêmes et la destruction des environnements naturels. Plus particulièrement, la migration des populations de l’Asie du Sud en Amérique du Nord devrait augmenter (en anglais seulement) au cours des 30 prochaines années.

Ces changements dans les tendances migratoires constitueront un défi énorme pour nos villes pendant les années à venir. Cependant, la migration est déjà un enjeu urbain majeur aujourd’hui. Trente pour cent des 300 000 personnes environ qui migrent au Canada tous les ans s’installent dans la grande région de Toronto, et plusieurs des 70 pour cent restants prennent la direction des autres villes et banlieues au pays.

Les nouveaux arrivants apportent une richesse en capital humain et jouent un rôle essentiel dans la diversification de notre culture, dans notre économie et dans l’accroissement de notre main-d’œuvre. Les recherches effectuées par Ryerson démontrent qu’avec un soutien adéquat, ils ont une meilleure chance de réussir à s’intégrer et de devenir des membres à part entière de la société canadienne, ce qui améliore le succès à long terme de nos villes.

Des réfugiés syriens atteignent la Grèce sur un bateau de fortune

Protéger les nouveaux arrivants vulnérables

Tous les migrants n’envisagent pas de s’installer au Canada. Comme les Canadiens et les Canadiennes s’en sont rendu compte récemment avec les personnes qui fuyaient la violence en Syrie, les villes doivent également trouver des façons de faire de la place pour les migrants humanitaires, ceux qui arrivent en tant que réfugiés ou demandeurs d’asile.

La professeure de criminologie Idil Atak (en anglais seulement) étudie les recoupements entre la sécurité et la migration irrégulière et les demandes d’asile au Canada. « La migration et la protection des réfugiés ne constituent pas des enjeux sécuritaires, mais ils le sont devenus [ils sont considérés comme tels] au cours de la dernière décennie », commente-t-elle.

De plus en plus de migrants se voient refuser leur demande d’asile, ce qui les place dans une situation précaire sur le plan légal. Certains ont peur d’être déportés, alors ils évitent de faire toute demande de statut de réfugié, préférant travailler au noir dans des villes comme Toronto. Dépourvus de statut légal, plusieurs vivent sans accès aux services de base.

« Des recherches approfondies ont démontré que plus il y a de migrants dans une ville, moins il y a de crimes commis dans cette ville. Malheureusement, même au Canada, nous entendons des gens dire que les migrants qui n’ont pas de statut sont plus à même d’être des criminels en plus d’abuser du système. Ce n’est pas vrai.»

Idil Atak

En 2013, Toronto a déclaré qu’elle était une ville sanctuaire (en anglais seulement) et a annoncé qu’elle ne poserait pas de question sur le statut d’immigrant d’une personne lorsqu’elle lui fournit des services. Toutefois, cette politique n’est pas adéquatement financée et soutenue par la Ville, et la police de la Ville a commencé à l’ignorer lorsqu’elle interagit avec des personnes soupçonnées d’être des immigrants illégaux.

Par conséquent, les personnes les plus vulnérables de la ville sont moins enclines à appeler la police lorsqu’elles sont victimes ou témoins de crimes.

« L’objectif général [de la politique de ville sanctuaire] est bien sûr de protéger les personnes en situation précaire … mais également de rendre la ville plus sécuritaire et plus inclusive. Elle concerne nos valeurs. Nous sommes tous Torontois et Torontoises. Nous avons tous notre place ici », ajoute Mme Atak.

Hôtel de ville de toronto

Hôtel de ville de Toronto; photo : Dennis Jarvis, Flickr

Collaborer avec les villes internationales et en apprendre d’elles

« Nos villes sont de plus en plus polarisantes, non seulement au chapitre des revenus et des classes socio-économiques, mais aussi dans d’autres domaines comme le statut des immigrants, ou encore si les habitants descendent des colons ou des Autochtones », indique Harald Bauder, directeur de programme, Immigration and Settlement Studies (en anglais seulement) (études de l’immigration et des peuplements). Son travail examine des façons de résoudre des problèmes liés à la migration, aux établissements et à la réconciliation dans nos villes.

Les villes canadiennes peuvent en apprendre beaucoup des autres pays, ajoute-t-il. Par exemple, des collectivités d’Allemagne ont dernièrement fait face à des arrivées en grand nombre de réfugiés similaires à ce qui s’est passé ici et ont réagi de façon positive, même si le gouvernement national a fait des efforts pour restreindre l’accueil des migrants.

Lorsqu’il s’agit de trouver des façons de réagir aux défis posés par l’immigration, « Ryerson est le chef de file », indique M. Bauder. « L’université offre une infrastructure et une mission urbaine qui appuient la recherche urbaine pratique et offre à la communauté de recherche une plateforme pour travailler à des transformations urbaines positives. »

Entretien d'embauche impliquant plusieurs personnes

Percer le marché du travail

Directeur par intérim du Ryerson Centre for Immigration and Settlement (en anglais seulement) (centre pour l’immigration et l’établissement des immigrants de Ryerson) et professeur d’administration publique et privée, John Shields (en anglais seulement) travaille avec des groupes communautaires et d’autres intervenants du domaine afin d’explorer des façons de donner un coup de pouce aux Néo-Canadiens et Néo-Canadiennes dans le monde du travail.

« Nous voulons que les immigrants soient résilients, et il est essentiel d’avoir des programmes qui favorisent cette résilience », dit-il.

Les migrants qui arrivent au Canada par le système de points ont des niveaux de scolarité élevés et possèdent de l’expérience de travail, mais sans un soutien et des services adéquats, ils peuvent se retrouver dans des emplois où leurs compétences ne sont pas mises à profit, affirme M. Shields.

Trouver des emplois appropriés et enrichissants est un des principaux obstacles auxquels font face les nouveaux arrivants. S’ils reçoivent de l’aide pour le surmonter, cela fera une grande différence dans leur qualité de vie.

« Les choses les plus efficaces », ajoute M. Shields, « sont les services de pré-arrivée et les programmes de transition. Il s’agit de programmes de mentorat, de programmes qui donnent aux immigrants une meilleure connaissance du marché du travail, mais aussi qui leur permettent d’établir des liens directs avec les employeurs. C’est vraiment essentiel. »

Dans ses recherches les plus récentes, Rupa Banerjee (en anglais seulement), professeure à la Ted Rogers School of Business Management, trouve de nouveaux programmes qui évaluent et vérifient les compétences des immigrants avant leur arrivée au Canada, ce qui peut avoir des résultats positifs, avec notamment des nouveaux arrivants qui trouvent des emplois plus rapidement et qui touchent de meilleurs salaires.

« Mais le vent semble tourner », poursuit-elle. « Peut-être que les récits récents portant sur des immigrants récents, qualifiés et qui sont très peu performants sur le marché du travail, pourraient faire changer les choses un peu. »

« [C’est bien] pour l’économie, pour les employeurs … L’évaluation préalable des qualifications est probablement bénéfique aux petites et moyennes entreprises parce que les grandes entreprises ont toujours eu la capacité de vérifier les qualifications et de faire leur propre évaluation des compétences des candidats. »

En soulignant la nécessité d’établir de meilleurs systèmes de soutien pour les nouveaux arrivants aujourd’hui, les recherches de Ryerson aident à bâtir des villes qui sont mieux équipées pour accommoder les niveaux croissants d’immigration qui sont soutenus par des politiques qui renforceront l’autonomie des citoyens et contribueront à notre succès collectif.

« C’est en raison de notre collaboration avec la communauté que nous nous démarquons, et le travail n’est pas seulement théorique », explique M. Shields. « Il s’échappe de la tour d’ivoire pour se dérouler dans le monde réel de l’élaboration de programmes et de politiques. »

  

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